Parrain, filleule :
Nicole, fille unique en 1952, sera toujours unique pour ses parents, Alice et Aristide (ma tante et mon oncle).
Le jeune couple travaillait à Paris et venait chaque été, au mois d'août, en Bretagne. Il se posait avec leur fille pour environ un mois à Saint-Lubin, petit village situé sur la commune de Plémet.
Alice et Aristide ne possédaient pas de voiture. Aristide utilisait un vélo pour aller à son travail à Paris. Avant de partir en vacances, il confiait sa bicyclette à la SNCF. La petite famille arrivait peu après à Saint-Lubin.
C'est aussi à vélo qu'ils rendaient visite à la famille, Nicole installée solidement sur le porte-bagages du vélo paternel. Alice se servait de son vélo à demeure à Saint-Lubin.
Ils venaient chez nous, à Belle-Vue. Ils allaient aussi à la Ville Erdiot voir Yvonne, Joseph et leur fille Monique. Et sur leur lancée ils filaient jusqu'aux Maisons saluer Marie, Emile et leurs deux filles, Germaine et Simone.
Il leur arrivait de rentrer la nuit tombée.
Belle-Vue, la Ville Erdiot et les Maisons sont des villages situés sur la commune de Plessala et il fallait plus d'un coup de pédale pour les atteindre.
Devant : Annick, 3 ans ; Nicole, 4 ans et demi. Puis Yvonne, ma mère avec son tablier de travail...à la ferme ou dans les champs ; Gisèle, 18 ans,et Bernard,14 ans, le parrain de Nicole. Je tenais quelque chose dans les mains. Peut-être le cadeau du tonton et de la tata. (Photo Nicole Chapron-Le Cam).
Les deux cousines :
Nicole se souvient : "un soir il y avait eu le feu dans la forêt et nous passions aux pales du Val, il y avait des pompiers tout le long de la route. A cette époque je devais avoir mon vélo."
Moi aussi je me rappelle du feu, fréquent, dans la forêt de Loudéac. Je le voyais de chez moi où la partie privée du couvert est à 500 mètres à vol d'oiseau.
C'était un spectacle. Et pour mieux le voir, je montais jusque la Hautière avec ma soeur et mes frères.
Le même jour, Nicole et Annick avec une éternelle déco dans les cheveux. (Photo Nicole Chapron-Le Cam). .
Je me souviens aussi, deux ans plus tard, en 1954, mes parents avaient acheté une Juvaquatre fourgonnette, gris-bleu, de marque Renault.
La petite parisienne que je soupçonnais plus délurée que moi, la petite campagnarde jamais sortie de son trou, je lui ai présenté un jour la Juva rangée au sous-sol qui faisait aussi office de garage.
Assise côté chauffeur, Nicole à la place du passager, j'ai simulé conduire la voiture, serrant le volant d'une main et passant fièrement les vitesses de l'autre.
Plus tard, Nicole me dira : "tu m'en mettais plein la vue..."
Oui, probablement. Ses parents n'avaient pas encore de voiture...
On sait, les enfants entre eux ne se font pas de cadeaux.
(La Juvaquatre a été fabriquée entre 1937 et 1960).
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